Messages d'algériens

 

 

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MESSAGES D’ALGERIENS

 

  Plusieurs algériens originaires ou habitants de Gastu, Bekkouche Lakdar depuis l’indépendance en 1962, m’ont commandé le livre «  LA TOUBIBA » et certains d’entre eux, après l’avoir lu, m’ont écrit pour me faire part de leurs impressions ou pour évoquer la vie, de nos jours,  dans ce petit village de l’est algérien. Ils veulent aussi rendre un hommage appuyé à cette femme médecin qui fut parfois leur bouée de sauvetage.

  Je donne ici quelques extraits de leurs messages et afin de préserver la confidentialité de notre correspondance, n’ayant pas demandé leur accord pour citer leur noms, je les désignerai par les initiales des prénoms et noms voire par des pseudonymes qu’ils utilisent eux-mêmes quand ils participent à des forums sur le net.

 Afin de ne pas trahir leurs écrits, ni les censurer,  j’ai voulu rapporter telles quelles, leurs remarques d’ordre politique sur les relations franco-algériennes.

 

Message  1

 

  Bonjour,

  J’ai bien reçu votre livre avec dédicace par le biais de mon cousin. Je vous remercie infiniment. Je me suis pressé de le lire, il est passionnant de même j’apprécie énormément votre style d’écriture, votre description affinée des évènements. C’est un ouvrage très intéressant où tout le monde à Gastu en parle.

 Je ne sais pas si mon idée est venue précoce ou j’ouvre le droit de vous suggérer de traduire votre roman en un véritable scénario de feuilleton !!! tellement qu’il est riche par de marquants évènements.

Toutes mes félicitations et à bientôt.

 

A.T – Gastu

 

Message  2

 

Bonsoir,

 

  Je viens de terminer la lecture du livre. D’une part, j’ai l’impression que le temps s’est arrêté après l’indépendance de l’Algérie car le quotidien du village est resté immobile, conforme avec ce que vous avez vécu, avec une différence près, où les patients des mechtas environnantes doivent à ce jour se déplacer pour recevoir les soins nécessaires, et là, on mesure la grandeur et le dévouement de la Toubiba qui, jusqu’aux moments les plus durs, elle a continué à assurer sa noble mission.

 D’autre part, j’ai un avis que j’espère constructif, vous avez évoqué la période tragique de la guerre d’Algérie qui était fatale à la cohabitation arabo européenne, où toutes la population en a souffert, vous avez écrit ces évènements dans leur barbarie qui était celle des insurgés arabes, sans pour autant évoquer la riposte de l’armée et de la police françaises qui n’ont pas épargné des vies et ce qui était perçu comme une atteinte à la dignité, je le conçois, c’était le point de vue du jeune Paul qui avait une vingtaine d’années à l’époque.

 Enfin, je vous remercie pour cet ouvrage qui prendra une place importante dans les archives du village et vous demande si vous envisagez un retour sur votre terre d’enfance ? Vous serez le bienvenu.

 

Alim originaire de Gastu

 

Message 3

 

Bonjour,

 

  Merci…Merci pour votre ouvrage qui m’a permis de dévoiler l’histoire de mon village.

Comme je vous l’ai dit, votre livre est à la une, j’entends souvent des gens qui disent : «  Eh tu connais M. Marazzani ? le fils de la toubiba.. Il a écrit un ouvrage relatant l’histoire de la vie du village.

 En discutant avec un vieillard de la localité, il m’a confirmé tous les témoignages recueillis  dans l’ouvrage.

Salutations

 

Abdel  Gastu

 

Message 4

 

Bonjour,

 

  Votre roman m’a passionné. J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire, de même votre style d’écriture m’a plu énormément, je l’ai lu et je le relis. Je vous remercie encore pour votre précieux travail. Un mot qui m’a pas plu, le mot « terroriste ». Je pense qu’il faut bien rechercher les causes  qui ont poussé les habitants à se révolter. Je respecte votre avis et votre manière de concevoir les choses.

 Une chose qui m’arrive le plus souvent, à chaque fois que je traverse le pont métallique situé au bas du village, je me rappelle de la fameuse phrase que votre mère vous a dit ; «  Cher fils, voudras-tu un jour être mon bâton de vieillesse ? »

Pardon pour l’observation, je pense que la différence d’opinion, n’altère pas une amitié.

Mes salutations

 

A.T Gastu

 

 J’ai oublié de vous dire que j’ai discuté avec l’adjoint maire de la localité concernant le baptême de l’une des rues du village au nom de votre mère ; Ce dernier m’a promis que j’aurai une réponse dans les jours à venir. Une suite vous sera réservée.

 

Message  5

 

Bonjour mon très cher J.LM

 

 Je vous le redis pour la énième fois, que j’ai de l’estime pour vous et pour votre chère maman qui est par ses bienfaits et sa bonté a pu gagner les cœurs de tous les anciens de Gastu voire de la génération actuelle. C’est une personne qu’on n’a même pas le droit d’oublier. Maintenant la guerre est finie, la page est tournée  et personne ne pourrait effacer l’histoire. La réalité se dévoilera avec le temps. Nous devons regarder l’avenir en face, effaçons la haine de nos esprits, fondons relations basées sur le respect mutuel et l’intérêt des peuples.

 

A.T  Gastu

 

   Ce correspondant m’avait envoyé une photographie, que je ne pourrai présenter sur ce site qu’avec son autorisation. Elle montre un enfant de 7, 8 ans tenant dans ses mains bien en évidence le livre LA TOUBIBA. Il est assis sur les marches de la maison qui fut jadis celle de la femme médecin , ma mère.

Voici ce qu’il écrit  pour accompagner cette photographie :

 

 Le garçon qui porte le livre dans ses mains est le fils d’un ami, habitant juste à côté de la résidence Marazzani. J’ai fait ça juste pour vous dire que votre maman est d’une pureté  analogue à celle de ce petit garçon qui ignore le mal. Je ne sais pas si vous pouviez m’envoyer la photo de la tombe où dort éternellement cette âme honorable.

A.T Gastu

 

Message 6

 

   La personne qui m’écrit, n’a pas encore lu le livre et souhaiterait le faire le plus rapidement possible. Elle en a entendu parler autour d’elle, ce qui aiguise sa curiosité.

 Elle utilise dans ses interventions sur les forums un pseudonyme : Bob.

  Celui-ci se réfère ici à une photo de la maison de la toubiba prise en 1960

 

Bob a écrit

 

 C’est encore moi  Boubaker. La maison de vos parents, pour nous celle de madame Marazzani, la toubiba, effectivement. Une rue , celle de gauche nous sépare de votre maison. J’étais tout jeune, j’ai très peu de souvenirs de votre mère qui m’a tant de fois traité. La dernière fois, je m’en souviens, parce que après m’avoir fait une injection, elle m’a offert un petit camion rouge. Mais d’après mes parents, plus tôt que cette fois ci, elle m’a sauvé la vie. J’avais perdu beaucoup de poids et j’ai failli y passer si ce n’était son intervention. Je la remercie et que Dieu lui ouvre le paradis pour ses gestes aux pauvres en ce temps de colonialisme.

 Aujourd’hui, je suis avide de curiosité pour votre ouvrage sur la Toubiba. J’attends sa commercialisation ici pour l’acheter, sinon en France.

 

A bientôt ;

 

B. B   Bône ( Annaba)